Oculus / The Mirror - Mike Flanagan - DTV2015

Publié le par UniqueMan

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/02/14/16/44/045741.jpgJ'ai l’impression que le cinéma horrifique fonctionne par cycle. Et en ce moment ce n'est pas ce que nous pourrions appeler un bon cycle ^^ Pas grand chose à se mettre sous la dent et encore moins des films originaux qui ne sont ni des suites, ni des remakes ! Alors quand par le fruit des hasards, je tombe sur un bon film, je me dis que ce serait dommage de ne pas le signaler.

Pourtant, rien ne laissait présager que nous avions devant nos petits yeux un objet filmique intéressant. Le film sort directement en vidéo le 15 avril dernier (2015) alors qu'il est sorti un an auparavant aux états-unis d'Amériques of America Yeah Baby. C'est réalisé par un inconnu: Mike Flanagan, produit par ceux qui ont vomi Paranormal Activity et le pitch ne promet rien de neuf.

Après avoir passé 10 ans en institut psychiatrique, Tim, 21 ans, retrouve la liberté. Alors qu’il souhaite tirer un trait sur la mort violente de ses parents, l’événement à la source de son internement, sa soeur, Kaylie lui rappelle qu’ils s’étaient autrefois promis d’enquêter sur les causes mystérieuses de ce drame. Elle achète alors le miroir qui aurait précipité leurs parents dans une démence diabolique…

Malgré mes réticences assez justifiées je lance le film. Dans le premier quart d'heure je me demande vraiment pourquoi je m'inflige ce genre de bobine. Un budget serré, une image très vidéo, un montage vu et revu qui alterne action dans le temps présent et action en flashback, les "preuves" de l'élément fantastique par des coupures de journaux, qui "prouvent" que plusieurs personnes ont déjà été possédées par ce fameux miroir de la mort. Je transpire déjà et je m'endors à moitié mais c'est alors que le film emprunte un chemin inhabituel. A la place de continuer dans cette route toute tracée, il mélange, transforme et maltraite le spectateur en jouant avec les codes du genre et du cinéma. Le montage en particulier est assez habile, on ne sait plus comment le personnage passe d'un endroit à un autre, est-ce que ce nous voyons est dans le passé ou dans le présent ? Les frontières se brouillent et c'est vraiment efficace. Je trouve ça plutôt pertinent car le film se moque du spectateur en le perdant dans son déroulement tout comme le miroir "possède" les protagonistes du film. Un tour de force manipulateur plutôt réjouissant.

Rien de révolutionnaire pour autant hein, ça ne va pas vous retourner le cerveau tout en vous faisant flipper à mort. C'est un petit film bien troussé, assez efficace et inattendu. L'horreur est ici plus psychologique qu'autre chose. Les quelques apparitions fantomatiques sont furtives et finalement assez anecdotiques.

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/09/18/16/13/101324.jpg

Toujours plus loin, encore plus loin. Je crois que j'écrirais cette épitaphe sur ma tombe de cinéphage. Bref, j'ai voulu en savoir plus. Oculus alias The Mirror en français (pourquoi cette traduction?) était au départ un court-métrage de 30 minutes - oculus chapter 3 - the man with the plan - déjà réalisé par notre ami Flanagan. J'aime bien prononcer ce prénom d'ailleurs, ça m'amuse. Je sais pas, ça fait un peu flagada ou je ne sais quoi, bref. Excusez-moi pour ces aparté superflues ! Le court ne fait pas très envie, l'image est pas bien jojo mais finalement ça pose le scénario quasiment en intégralité, le long métrage brode un poil l'intrigue mais surtout sa mise en scène qui n'a rien à voir. Je vous suggère de ne pas le regarder au risque de vous spoiler intégralement le scénario d'Oculus, par contre, après avoir vu le film, c'est intéressant de comparer et de voir l'élément d'origine réduit à son strict minimum en terme de mise en scène. Vous trouverez le court dans son intégralité en fin d'article (ouais, je sais, je suis sympa). Lien viméo pour visionner le court, si vous n'aimez pas youtoube.

Encore plus loin. Par curiosité, j'ai regardé la filmo de ce cher Mike et j'ai regardé son premier et précédent film Absentia et putain, c'est bien aussi ! Le budget et riquiqui et l'image fait vraiment vidéo, ce n'est pas toujours très heureux, mais le scénario est chouette. Il traite de la disparition avec une poésie fantastique folle, j'aime beaucoup et je vous le suggère aussi ! Très réussi dans son ambiance, les acteurs sont convaincants et cette navigation entre réalité et fantastique me plait beaucoup. Voilà, cet article est beaucoup trop long, j'ai terminé.

Conclusion : Les DTV ne sont définitivement pas tous bons à jeter (Vraiment, sortez-vous cette idée de la tête). Il ne faut jamais ce fier aux apparences (oui j'aime aussi enfoncer des portes ouvertes) et qu'il ne faut jamais ce fier à ces putains de miroirs maléfiques qui vous rendent complètement barjos ! J'attends les prochaines réalisations de Mike Flanagan avec impatience !

Publié dans Critique sur un film

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