Paris International Fantastic Film Festival 2012 - REVIEW !

Publié le par UniqueMan

http://cinevenement.com/local/cache-vignettes/L200xH266/PIFFFAffiche2012-c46d8.jpgLe Paris International Fantastic Film Festival a pratiquement réussi à devenir incontournable directement après sa première édition. Les raisons de ce succès sont simples : Il n’y avait jusqu’à maintenant aucune manifestation de films de genre dans la capitale depuis le Festival du Film Fantastique du Grand Rex qui s’est arrêté en 1989. Le festival de Gérardmer (son concurrent direct) est loin de Paris et ne se déroule pas au même moment. Paname n’a d’ailleurs jamais eu le droit à un véritable festival de cinoche, Paris Cinéma c’est un peu une grosse blague, seul l’incroyable Étrange Festival relève (et de la plus belle manière) le niveau et surtout, la réussite de cette deuxième édition le prouve encore, le public est très demandeur de cinéma fantastique !  

 

Histoire de bien faire les choses, je me suis lancé à l’assaut de la nouvelle cuvée du PIFFF avec une seule idée en tête "manger du film" et voir le maximum de chose pour vous dire si ça vaut le coup. Le verdict et sans appel, ce festival est chaudement recommandable. Je n’ai pas vu que des chefs d’œuvres, je ne suis même pas sûr d’en avoir vu un seul mais l’ambiance est conviviale, les films sont sympathiques, différents, amusants, effrayants, sanglants, glauques et trashs. Si vous aimez voir des petites curiosités, des réalisateurs qui tentent des choses et cerise sur la gâteau, si vous lisez Mad Movies, vous avez l’obligation de vous rendre à ce festival ! Pour les autres c’est la même chose, sortez des sentiers battus atomisés par le recyclage d’Hollywood et venez découvrir la passion des fantasticophiles. Quelques mots véloces sur les quelques 19 films que je me suis empiffré pendant ces 10 jours de sauterie fantastique :

 

- John Dies at The End - Don Coscarelli
Film fou et absurde avec une narration complétement chaotique qui plonge parfois dans d’angoissantes séquences et des moments de folie particulièrement étonnants. Malheureusement le métrage est un tel méli-mélo what-the-fuckien qu’il est difficile de rentrer complétement dans cette histoire de drogue-soja, moustache volante, extraterrestres, voyage dans le temps et dans d’autres dimensions sans en perdre le fil... Le scénario s’embourbe un peu dans des pirouettes pas toujours très subtiles et va trop loin (à mon goût) dans les explications parfois drôles mais souvent grotesques. Très inégal mais tout de même très plaisant à regarder. 

 

http://cinevenement.com/local/cache-vignettes/L200xH296/ABCS_web-fd867.jpg- The ABC’s of Death 

Comme sont nom l’indique il s’agit d’un abécédaire réalisé par 26 réalisateurs du monde entier autour de la thématique de l’horreur. Le résultat est un patchwork forcément disparate avec des moments honteux mais heureusement il propose aussi et souvent des instants savoureux. Nos petits français s’en tirent avec brio, Bruno Forzani et Hélène Cattet (réalisateurs du monumental AMER) nous prouve une nouvelle fois avec un Orgasme visuel qu’ils sont foutrement créatif et qu’il faut les suivre de très très prêt ! Xavier Gens (Frontière(s), The Divide) confirme son savoir faire horrifique avec un segment satirique qui propose un régime minceur plutôt radicale ! Il y a plein d’autres réjouissances telles que des combats en slow-motion visuellement impressionnants, des animaux nazis, des fins du monde, des fameux pets fumants et bien sûr beaucoup de gens qui meurent, youpi ! Le film était précédé d’un joyeux court-métrage intitulé Happy Brithday Mr. Zombie, fun et décomplexé mais un poil longuet !  

 

- Stitches - Conor McMahon 

Dès le départ c’était le film que j’avais le moins envie de voir, son pitch de slasher avec un clown crado n’a rien de très motivant sur le papier et pourtant j’ai pris mon pied devant cette joyeuseté régressive ! Le film s’amuse avec les clichés du genre et propose un spectacle, certes plutôt gratuit, mais bigrement divertissant dans un esprit assez proche d’un Braindead de Peter Jackson sans bien sûr jamais vraiment rivaliser avec le singe-rat du sumatra ! Un jouissif jeu de massacre ! 

 

http://cinevenement.com/local/cache-vignettes/L200xH296/VHS_web-c4042.jpg- V/H/S 

Très étonnant film à sketchs version "found-footage", radical, à la limite du film-punk, agressif et explosif ! Le premier et le dernier segment sont foutrement bien fagotés et proposent des beaux moments d’horreur brute de décoffrage. Malheureusement certaines parties font bien retomber la pression et l’aspect bordélique et pas très passionnante de la trame générale tire le film vers le bas. Pourtant, j’ai bien apprécié, ça décoiffe et c’est un chouette moment d’adrénaline. 

 

- Quatre mouches de velours gris - Dario Argento 

C’est toujours un énorme plaisir de voir du Argento sur pellicule argentique même si ce n’est pas le meilleur. Belle restauration de la part de Wild Side. 

 

- Citadel - Ciaran Foy - PRIX DU PUBLIC mais pourquoi ?J’avais loupé ce film à l’étrange festival et j’étais très impatient de le voir, peut-être trop ! Je suis visiblement le seul mais je n’ai pas spécialement aimé, j’ai trouvé ça assez ennuyeux, les "créatures" sont grotesques, surtout l’explication de leurs origines, j’avais envie de baffer le personnage principal et... et voilà ! Dans le même genre, je préfère de loin Heartless de Philip Ridley .

 

- Dragon Gate, La légende des sabres volants 3D - Tsui Hark 

Bon, je dois reconnaître une chose, les films de sabre ça me gonfle. En plus de ça, quand les sous-titres sont mal positionnés dans l’image et que la 3D s’embrouille les yeux des pinceaux plusieurs fois, ça se transforme assez vite en mal de crâne redoutable. J’admets tout de même volontiers que tout ça est très jolie et que la 3D est judicieusement exploitée. Pour le reste, le laisse les experts chevaliers volants des sables vous en parler. 

 

http://cinevenement.com/local/cache-vignettes/L200xH297/InTheirSkin_web-ee2dd.jpg- In Their Skin - Jeremy Power Regimbal 

Thriller efficace façon home-invasion type Funny Games de Haneke, Les Chiens de Paille de Sam Peckinpah ou bien... Maman j’ai râté l’avion de Chris Columbus même si le choix d’évoquer de ce dernier film n’est pas très judicieux. Sans révolutionner le genre (en même temps si tout le monde fait la révolution ce serait un peu trop le bordel) In Their Skin est redoutable ! L’efficacité de la mise en scène fonctionne très bien, les acteurs sont bons, certaines scènes sont même étonnamment drôles mais très vite une sensation de malaise s’immisce et tout bascule dans un jeu de duplication sordide, le titre d’origine Replicas prend alors tout son sens. 

 

- Side By Side - Chris Kenneally 

Un documentaire bien intéressant sur le passage de la pellicule au numérique. Si vous êtes un peu dans le métier techniquement vous n’apprendrez pas grand chose mais c’est toujours assez passionnant d’entendre les avis des plus grands (Lynch, Fincher, Cameron, Scorsese...) sur le sujet. Après, le film en soit n’est pas une belle réussite, les images ne sont pas très belles (un comble pour un docu sur le sujet), beaucoup d’utilisation d’images d’archives de mauvaise qualité alors qu’il est encore possible de filmer tout ça aujourd’hui. Keanu Reeves en tant que fil conducteur n’est qu’un gimmick inutile et c’est bien dommage car il y avait là tout les ingrédients pour faire quelque chose d’aussi intéressant dans la forme que dans le fond. Néanmoins ce doc est chaudement recommandable. 

 

- Crave - Charles de Lauzirika 

Qui ne s’est jamais projeté dans son imagination en envisageant séduire une femme dans le métro d’un clin d’œil ou tout simplement sauver le monde ? Crave par de ce principe et jongle entre les scènes fantasmés et réelles du personnage principal. L’image est soignée, les acteurs convaincants (c’est toujours sympa de retrouver Ron ’Salvatore’ Perlman) et la réalisation est efficace. Malheureusement, même si l’idée de départ est très bonne, le film sombre assez vite dans la répétition et devient donc très prévisible. Même la dernière scène pourtant forte et déroutante ne parviendra pas à faire décoller ce métrage. C’est vraiment dommage car il n’en faut pas beaucoup plus pour en faire quelque chose de brillant.


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- The Seasoning House - Paul Hyett 

Un pure film d’exploitation, efficace, bien crado. La vengeance est un plat qui se mange, tout n’est qu’une question de survie. Quoi ? Je ne sais plus trop, les films se mélangent. Ah oui, c’est une histoire sordide de vengeance et d’endurance à la douleur plus morale que physique (en tout cas pour le perso principal). Basé sur des faits réels, dans les Balkans des années 90, des filles sont capturées pour atterrir dans un bordel servant de repaire à des criminels de guerre". Le film détourne agréablement les codes du genre (Survival) en se plaçant du côté des bourreaux dans une première partie visuellement impressionnante, l’ambiance est glauque à souhait et là... une femme dans le public tombe dans les pommes ! Panique au PIFFF et... et je n’ai pas la suite de l’histoire... de la fille qui tombe dans les pommes parce-que le film lui s’est bien projeté jusqu’au bout et moi je ne me suis pas endormi. Mais la suite est tristement prévisible et succombe aux cochonneries du survival/vengeance assez moyen. Dans l’ensemble c’est quand même intéressant et pas mal fichu.

 

- Doomsday Book - Kim Jee-Woon/Yim Pil-Sung
Et allez, encore un film à sketches ! Le PIFFF nous en aura fait souper cette année ! Bon, là, c’est plutôt bon parce-que c’est de la soupe coréenne même si l’humour de ce pays reste toujours aussi déroutant ! 3 segments autour de la fin du monde se bataille donc à l’intérieur de ce Doomsday Book. Le premier nous refait une énième version du film d’épidémie zombie mais avec une touche d’humour décalé. Le deuxième, le plus sérieux (et le meilleur à mon goût) cause de Robot intelligent de manière assez philosophique en renversant le cliché machine contre humain de manière assez subtile version bouddhisme. Le troisième est un absurde film catastrophe où une boule de billard numéro huit géante se dirigea sur la terre façon météorite. Mais pourquoi donc ? Mystère et boule de gomme.

 

- In The Shadow of The Tall Man - Louis Thevenon 

Passionnant du début à la fin, ce making-of d’une grosse heure nous fait vivre le tournage de The Tall Man (alias The Secret en français... oui, encore un mystère de la traduction) comme si on y était et prouve encore une fois que réalisateur est un boulot d’acharné terriblement frustrant. Il montre aussi et surtout la passion et l’investissement de Pascal Laugier à faire le meilleur film possible. Même si ce making-of n’est pas très bien fagoté, le montage et un peu mou, les passages musicaux un peu kitsch, il a l’avantage de montrer autre chose que ce qu’on nous sert habituellement en suppléments. Le maquillage, les effets spéciaux, l’auto-congratulation etc... Non ce film montre les choses naturellement, les beaux moments (Mr. Laugier habité par son film) comme les prises de tête (le remplacement d’un enfant-acteur visiblement insupportable (passage qui d’ailleurs ne sera pas sur le dvd)). Ce document est peut-être même plus intéressant que le film lui même.

 

- Bad Taste - Peter Jackson
Comment résister à une projection 35mm VF du cultissimement Z et premier film du réalisateur du Seigneur des Anneaux ? Un grand bonheur, de la rigolade en tranche et du latex en sauce sur fond de cerveau bouilli. Mais pourquoi n’êtes vous pas venu ? Bande de délinquants !


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- The Body - Oriol Paulo PRIX DU JURY
Scénario extrêmement efficace, image sublime, ambiance pluvieuse à la Seven de David Fincher sur fond de meurtre et d’enquête mystérieuse. L’Espagne a beau être méchamment en crise son cinéma n’en porte pas les stigmates ! Thriller puissant, The Body nous plonge dans le mensonge, qui est le méchant, qui dit la vérité et surtout où est passer ce foutu corps fraîchement décédé ? J’adore.

 

- Compétition de courts-métrages français
Comme d’habitude, du bon et du moins bon. J’ai voté pour La Mort du Loup de Cédric Bourgeois pour son étrange ambiance angoissante et parce-qu’il y a Charlotte Eugène Guibbaud et que je ne me suis jamais remit de AMER de Hélène Cattet et Bruno Forzani . Mais c’est le fort sympathique et zombiesque Nostalgic Z de Karl Bouteiller qui à gagné le PRIX DU PUBLIC et le PRIX DU JURY. (Plus de détails sur cette sélection prochainement)

 

http://cinevenement.com/local/cache-vignettes/L200xH261/CABAL_web-8c062.jpg- Nuit Clive Barker : Nightbreed : The Cabal Cut , Hellraiser le pacte, Hellraiser : Les écorchés, Candyman
Je crois que qu’avec cette nuit Clive Barker j’ai battu mon record de temps passé à la suite dans un festival de ciné (de 14h à 4h du mat’). Autant vous dire que c’était du sport et que... épuisé, j’ai lâchement abandonné sur la fin, je ne suis pas allé jusqu’à Candyman. Quoi qu’il en soit c’était très sympa ! Le premier Hellraiser dans une belle qualité sur grand écran semble moins cheap, c’est étonnant et j’ai pris beaucoup de plaisir à le revoir de même que le deuxième opus qui nous plonge corps et âme dans son univers sulfureux. Je n’avais pas vu Cabal (oui, je sais, blasphème, Satan, je suis un monstre, honte à moi.) et je l’ai découvert dans sa version "CUT" se voulant plus proche de la vision de Barker lui même selon les dires du monsieur passionné qui à effectué ce nouveau montage. Le hic est qu’il n’avait pas d’autre "matériaux" qu’une vieille VHS dégueulasse, un dvd et une autre VHS encore plus sale. Du coup globalement, sur un écran de cinéma, qualitativement, ce n’est pas vraiment la folie ! Malgré tout ça, j’ai pas vu le temps passer et j’ai découvert un film assez fabuleux, insolite et curieux. J’espère sincèrement qu’il y aura une restauration digne de ce nom ! Moi, en attendant, je m’en vais voir la version d’origine et comblé mon ignorance cinématographique. En tout cas, les nuits ciné c’est chouette mais après une journée ciné, c’est hard !

 

- Silent Hill : Revelation 3D - Michael J. Bassett
Clôture en forme de pétard mouillé, Silent Hill deuxième épisode est une belle cochonnerie. Il y a des beaux effets mais... c’est quand même parfois assez laid ! Et surtout, le scénario est absolument inexistant et la 3D inutile (comment ça comme toujours ?). Dommage de terminer sur un film qui est l’exact opposé de ce nous a proposé le festival pendant 10 jours.

 

Ce qui est étonnant dans cette histoire de festival qui a du nez est que le prix du jury revient au film le moins fantastique de la compétition - The Body de Oriol Paulo - tout comme l’année dernière Bellflower de Evan Glodell. Le PIFFF semble encore chercher ses marques entre fête de Mad Movies, Fantastique débridé, grand public et des films plus "auteurisants" assez proche de l’Étrange Festival qui lui mène sa barque radicale depuis maintenant 18 ans. Ce qui est sûr, c’est que cette manifestation fait du bien aux Parisiens et aux amateurs du genre avec des horaires très appréciables (après le boulot en semaine et tout le weekend et pas le mardi à 14h !!) et avec aucune séance qui se chevauche ! C’est beau ! 

 

Vivement la prochaine cuvée de ce bon PIFFF !

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Sékateur 13/12/2012 22:10


Merci pour cette rétrospective. J'ai découvert ce festival il y a peu, et j'ai pu voir seulement deux films. L'année prochaine, je serai mieux préparé...

UniqueMan 17/12/2012 04:30



Merci à toi pour ton petit commentaire. Personnellement j'ai fais la première édition (l'année dernière donc) et j'ai été convaincu directement. Je trouve ça chouette qu'un festival "fantastique"
débarque dans la capitale.