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102 articles avec critique sur un film

Dealer - Jean Luc Herbulot - DTV2015

Publié le par UniqueMan

Dealer - Jean Luc Herbulot - DTV2015

Sortir des sentiers battus, proposer quelque chose de différent, c'est un petit peu la ligne de conduite de ce blog et c'est aussi ce que j'aimerais voir plus souvent dans le paysage cinématographique français. Parce-qu'à part des comédies (souvent vaseuses) avec Kad Merad ou Kev Adamas et des drames dégoulinant de sentimentalisme la France ne produit pas grand chose dans le cinéma de genre (action, fantastique, horreur, etc.) Ne parlons même pas de la science fiction qui est carrément mise à l'écart. Bien sûr ceci est un schéma assez grossier des productions françaises mais malheureusement assez réaliste. Le dernier film de SF c'est Dante 01, il est réalisé par Marc Caro (ancien collaborateur de J.P. Jeunet époque Delicatessen et la Cité des Enfants Perdus) et il date de janvier 2008  mais qui s'en souvient ? Qui l'a vu ? Ce genre et le "genre" en général n'est pas du tout mis en avant et les moyens accordés ne sont jamais à la auteur. Résultat, certains abandonnent tout espoir de faire des films ou finissent par les réaliser avec leurs propres moyens ! Le coût de plus en plus réduit des caméras (en qualité pro) vient donner un petit coup de pouce bienvenu au plus acharnés des réalisateurs qui veulent concrétiser leurs projets "à tout prix". C'est le cas pour ce film DEALER, réalisé par Jean Luc Herbulot qui après quelques courts métrages s'est lancé dans la création indépendante de ce thriller haletant s'inspirant assez clairement du cinéma de Nicolas Wending Refn (ses premiers films) ainsi que Guy Ritchie. Difficile de vendre un PUSHER à la française ? Pourtant il me semble qu'il y a un public pour ce style de film non ? Quoi qu'il en soit, parlons quelques instants du film en lui même car après tout, qu'importe les conditions de fabrications, pourvu que le spectateur ait l'ivresse (?).

J'ai eu l'occasion de le voir il y a maintenant plus d'un an, lors de la vingtième édition de l'étrange festival (d'ailleurs Canal+ était présent et n'était visiblement pas intéressé par le film (?)) dans les conditions assez cool d'une grande salle. Chance assez inédite puisque ce film ne sort qu'en VOD ou en eCinéma comme le veut le nouveau terme à la mode. Bref. Le film est efficace et fonctionne bien. Le personnage principal interprété par Dan Bronchinson porte le film sur ses épaule et donne une énergie salvatrice au métrage. Le montage rythmé ne nous laisse pas une seconde de répit et "masque" le côté forcément un peu cheap du film. Même si tous les acteurs ne sont pas tous bons, que certains plans sont tournés carrément à la rache, la qualité d'écriture (jouissivement politiquement incorrecte) et le côté sincère de l'entreprise nous font passer un agréable moment. Je trouve qu'il y a même quelque chose de touchant dans ce film, on sent cette rage de tourner coûte que coûte et moi je ne peux qu'adhérer à cette belle énergie.

Le film est disponible en location ou téléchargement légal sur viméo et bientôt sur Itunes et GooglePlay. Espérons que cela lui soit bénéfique et qu'il ouvre (peut-être ?) une voie vers une nouvelle économie, une nouvelle façon de faire des films et permette ainsi à une catégorie de film jusque-là délaissés de trouver une souffle nouveau ? Pourquoi ne pas rêver ? Après tout l'économie du cinéma et la télévision est radicalement en train de changer avec l'arrivé de Netflix et Cie. Wait and see comme disent nos amis de l'Ouest !

Vous noterez aussi l'éffort apporté aux différents visuels autours de ce film, c'est classe non ? Depuis quand n'avez vous pas vu un tél niveau rien que dans une affiche d'un film français ?

Allez, bon film !

[edit : Le dernier film de SF française date finalement du 16 septembre dernier (2015!) et s'intitule Le Grand Tout ! Sauf que... Il n'est sortie que dans une seule salle à Paris et qu'il n'a donc trouvé ni producteurs, ni distributeurs. Le résultat n'est malheureusement pas très folichon. Mais si vous êtes un fervent défenseur de la cause comme moi, il est toujours programmé (une fois par semaine) au cinéma Saint-André-des-arts à Paris. Allez-y ! C'est une proposition intéressante ! - edit]

Publié dans Critique sur un film

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Oculus / The Mirror - Mike Flanagan - DTV2015

Publié le par UniqueMan

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/02/14/16/44/045741.jpgJ'ai l’impression que le cinéma horrifique fonctionne par cycle. Et en ce moment ce n'est pas ce que nous pourrions appeler un bon cycle ^^ Pas grand chose à se mettre sous la dent et encore moins des films originaux qui ne sont ni des suites, ni des remakes ! Alors quand par le fruit des hasards, je tombe sur un bon film, je me dis que ce serait dommage de ne pas le signaler.

Pourtant, rien ne laissait présager que nous avions devant nos petits yeux un objet filmique intéressant. Le film sort directement en vidéo le 15 avril dernier (2015) alors qu'il est sorti un an auparavant aux états-unis d'Amériques of America Yeah Baby. C'est réalisé par un inconnu: Mike Flanagan, produit par ceux qui ont vomi Paranormal Activity et le pitch ne promet rien de neuf.

Après avoir passé 10 ans en institut psychiatrique, Tim, 21 ans, retrouve la liberté. Alors qu’il souhaite tirer un trait sur la mort violente de ses parents, l’événement à la source de son internement, sa soeur, Kaylie lui rappelle qu’ils s’étaient autrefois promis d’enquêter sur les causes mystérieuses de ce drame. Elle achète alors le miroir qui aurait précipité leurs parents dans une démence diabolique…

Malgré mes réticences assez justifiées je lance le film. Dans le premier quart d'heure je me demande vraiment pourquoi je m'inflige ce genre de bobine. Un budget serré, une image très vidéo, un montage vu et revu qui alterne action dans le temps présent et action en flashback, les "preuves" de l'élément fantastique par des coupures de journaux, qui "prouvent" que plusieurs personnes ont déjà été possédées par ce fameux miroir de la mort. Je transpire déjà et je m'endors à moitié mais c'est alors que le film emprunte un chemin inhabituel. A la place de continuer dans cette route toute tracée, il mélange, transforme et maltraite le spectateur en jouant avec les codes du genre et du cinéma. Le montage en particulier est assez habile, on ne sait plus comment le personnage passe d'un endroit à un autre, est-ce que ce nous voyons est dans le passé ou dans le présent ? Les frontières se brouillent et c'est vraiment efficace. Je trouve ça plutôt pertinent car le film se moque du spectateur en le perdant dans son déroulement tout comme le miroir "possède" les protagonistes du film. Un tour de force manipulateur plutôt réjouissant.

Rien de révolutionnaire pour autant hein, ça ne va pas vous retourner le cerveau tout en vous faisant flipper à mort. C'est un petit film bien troussé, assez efficace et inattendu. L'horreur est ici plus psychologique qu'autre chose. Les quelques apparitions fantomatiques sont furtives et finalement assez anecdotiques.

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/09/18/16/13/101324.jpg

Toujours plus loin, encore plus loin. Je crois que j'écrirais cette épitaphe sur ma tombe de cinéphage. Bref, j'ai voulu en savoir plus. Oculus alias The Mirror en français (pourquoi cette traduction?) était au départ un court-métrage de 30 minutes - oculus chapter 3 - the man with the plan - déjà réalisé par notre ami Flanagan. J'aime bien prononcer ce prénom d'ailleurs, ça m'amuse. Je sais pas, ça fait un peu flagada ou je ne sais quoi, bref. Excusez-moi pour ces aparté superflues ! Le court ne fait pas très envie, l'image est pas bien jojo mais finalement ça pose le scénario quasiment en intégralité, le long métrage brode un poil l'intrigue mais surtout sa mise en scène qui n'a rien à voir. Je vous suggère de ne pas le regarder au risque de vous spoiler intégralement le scénario d'Oculus, par contre, après avoir vu le film, c'est intéressant de comparer et de voir l'élément d'origine réduit à son strict minimum en terme de mise en scène. Vous trouverez le court dans son intégralité en fin d'article (ouais, je sais, je suis sympa). Lien viméo pour visionner le court, si vous n'aimez pas youtoube.

Encore plus loin. Par curiosité, j'ai regardé la filmo de ce cher Mike et j'ai regardé son premier et précédent film Absentia et putain, c'est bien aussi ! Le budget et riquiqui et l'image fait vraiment vidéo, ce n'est pas toujours très heureux, mais le scénario est chouette. Il traite de la disparition avec une poésie fantastique folle, j'aime beaucoup et je vous le suggère aussi ! Très réussi dans son ambiance, les acteurs sont convaincants et cette navigation entre réalité et fantastique me plait beaucoup. Voilà, cet article est beaucoup trop long, j'ai terminé.

Conclusion : Les DTV ne sont définitivement pas tous bons à jeter (Vraiment, sortez-vous cette idée de la tête). Il ne faut jamais ce fier aux apparences (oui j'aime aussi enfoncer des portes ouvertes) et qu'il ne faut jamais ce fier à ces putains de miroirs maléfiques qui vous rendent complètement barjos ! J'attends les prochaines réalisations de Mike Flanagan avec impatience !

Publié dans Critique sur un film

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Only Lovers Left Alive - Jim Jarmusch

Publié le par UniqueMan

http://fr.web.img6.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/pictures/14/01/16/12/06/445377.jpgJe ne sais pas par où commencer, difficile de faire une critique constructive sur ce film, il me laisse une impression de doux rêve enrobé dans un coton électrique, c'est assez indescriptible ! J'ai eu la chance, le putain de privilège de voir ce film en avant-première accompagné d'un concert reprenant quasiment toute la bande originale ! C'est une expérience assez magique qui devrait être proposée plus souvent, c'est comme si le film continuait son existence après le générique, comme si le rêve ne s'arrêtait jamais. Ce film est assez contemplatif, serein et doux, il laisse des moments se dérouler, pendant une scène nous pouvons apprécier un morceau presque en intégralité, si je ne me trompe pas il s'agit de la chanteuse Yasmine Hamdan pour le titre Hal. Un morceau totalement envoutant (que vous pouvez écouter ICI) et qui sera un des premiers du concert juste après, de quoi vous retournez le cerveau ! Surtout quand juste derrière en vous retournant vous vous retrouvez nez à nez avec Slimane Dazi (acteur français qui interprète le personnage de Bilal dans le film) et que tout ça s'enchaîne avec Jim Jarmusch en personne qui débarque sur scène pour chanter et jouer de la guitare avec son groupe Sqürl !!! Bon, Jim ne chante pas très bien, mais merde, on s'en fou, Jarmusch sur scène quoi !

Ce petit miracle s'est déroulé à la Machine du Moulin Rouge et une fois le concert terminé (par un groupe de hardrock à l'ancienne génialissime).... c'était pas encore terminé ! Dans la salle étrange du bas (façon boite de night) il y avait des bouts de décors d'Only Livers Left Alive dans les coins et un DJ qui passait du son en adéquation avec le film. Mon seul regret est de ne pas avoir eu plus la patate pour profiter encore plus à fond de cette expérience hors du commun qu'il me sera difficile d'oublier. De 19h15 à 2h du mat' c'est quand même intense en plein milieu de semaine !!!!

Je ne vais pas vous mentir, j'ai complètement kiffé ma race ! Jim Jarmusch semble avoir réalisé ce film avec une facilité déconcertante, tout est parfait, fluide, la direction d'acteur est hallucinante, l'image toujours en adéquation avec son propos, la musique elle aussi frise le génie. Peut-être peut-on reprocher à Jim de se complaire dans sa culture, d'être prétentieux et de n'avoir rien à dire ? Pour moi il se réinvente encore et toujours et trouve avec ce film une grâce incroyable en réinterprétant à sa sauce le mythe des vampires pour mieux parler de lui même, de son milieu, il nage dans son élément, ça se voit et c'est beau ! Si vous aimez sa filmo, courrez voir Only Lovers Left Alive, si vous ne connaissez pas Jarmusch, vous n'avez aucun goût !

Publié dans Critique sur un film

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Violet & Daisy - Geoffrey Fletcher

Publié le par UniqueMan

violet and daisy PosterIl y a des films qui semblent passer entre les mailles du filet, comme si ils n'étaient pas dignes d'être montrés aux yeux du grand public. Que s'est-il passer pour Violet & Daisy produit en 2011 ? Il n'a pratiquement pas eu une seule sortie digne de ce nom même USA et en france rien n'est annoncé, pas même un dvd. Pourtant le réalisateur ne sort pas totalement de nulle part, Geoffrey Fletcher est tout de même le scénariste du film Precious réalisé par Lee Daniels qui a accumulé les bonnes critiques (presse et spectateur). Le casting lui aussi est loin d'être grotesque, on retrouve le très grand James Gandolfini (Mr. Tony Soprano), l'étonnante Saoirse Ronan (Lonely Bones, Hanna, Bysantium, Les Âmes Vagabondes et bientôt dans le prometteur How I Live Now) et Alexis Bledel (La série Glimore Girls, Sin City...).

 

Bref, nous sommes assez loin d'un film z fabriqué par deux peigne-zizis ! Ne vous méprenez pas, je n'ai rien contre les brosseurs de quequette mais là ça n'a rien à voir, je suis en train de digresser pour remplir cette critique qui pourtant semblait constructive au départ mais partez pas, je reconnecte mes deux neuronnes et je reprends... Ce film raconte l'histoire de deux jeunes tueuses qui vont se retrouver dans une situation imprévue. Non, je n'en dirais pas plus, ça suffit ! Sachez juste que ça ressemble un peu à du Léon/Hard Candy/Hanna..., vous ajoutez à ça une pincé de Tarantino's style et une bonne cuillère de sundance et vous aurez une vague idée du curieux film dont j'essaye de vous parler depuis le début de cette "article".

 

Violet&Daisy faces

Violet & Daisy n'est certes pas un incroyable chef-d'oeuvre du septième art mais il a le mérite de creuser des pistes, changer de point de vue en mélangeant le thriller glauque et l'innocence de l'enfance le tout enrobé dans une superbe photographie et une inventivité visuelle agréable et maîtrisée. Peut-être qu'il est trop "bizarre", pas assez grand public ? Je trouve que ce film mérite bien mieux que ça ! Il est difficilement visible mais voyez-le quand même. (Attention, je trouve que la bande annonce en montre un peu trop, laissez vous tenter, les yeux fermer, c'est doux, c'est frais, ça passe très bien).

 

Violet&Daisy nuns-&-pizza

 

Publié dans Critique sur un film

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The Bunny Game - Adam Rehmeier - DTV2013

Publié le par UniqueMan

http://fr.web.img4.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/96/22/27/20453889.jpgExplorer les bas-fonds du septième art à parfois des conséquences douloureuses... Comme de passer 1h16 devant du vide relativement malsain. Un samedi pluvieux, j'étais en manque de choses étranges, je me suis donc mis en quête de trouver un film chelou à regarder et c'est dans ces belles conditions que j'ai visionné The Bunny Game. L'affiche sobrement arty laisse présager un film indépendant un peu trash. Je me dis pourquoi pas si c'est bien fait ! Loupé, ce machin est une horreur sans nom. Sous pseudo prétexte artistique et "d'histoire vraie" ce film est ignoblement filmé, grossièrement interprété et monté avec un sécateur sous extasy !

Ça raconte le quotidien d'une prostitué accro aux substances illicites qui se fait séquestrer par un camionneur tordu. Non pas forcément comme tous les camionneurs, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit ! Et non, non plus, ce n'est pas parce-que c'est une prostitué qu'elle mérite tout ce qui lui arrive, arrêtez de me faire dire des choses ignobles ! Voilà, je pense que l'idée du film est de rendre le visionnage aussi désagréable que la séquestration et ça fonctionne mais pas dans le bon sens. C'est insupportable car c'est très mal fait, le montage exclu toute implication dans l'histoire en rendant les "scènes chocs" illisibles en utilisant abusivement du cut et du flash-back. Le comble est que cette mauvaise maîtrise du montage rend le film complètement inoffensif et gratuit alors qu'il est sensé choquer pour montrer cette sordide histoire vraie. Ah oui, ce fameux jeu du lapin qui est visiblement le favoris de notre persécuteur consiste à brutaliser une fille nue avec un masque de lapin... Mouais, certains fantasmes sont impénétrables (sans mauvais jeu de mot).

http://i.imgur.com/Z4FSf.jpg

Finalement c'est peut-être mieux ainsi parce-que si le film avait été bien fait il serait probablement atroce et irregardable. Le snuff movie, non merci ! Pourtant je suis assez ouvert d'habitude sur ce genre de truc ultra-violent car ce n'est "généralement" pas gratuit mais là non, c'est trop moche et mal fichu. Même pour les plus pervers d'entre vous, ce film ne sert à rien, c'est profondément ennuyant.

Bizarrement, ça m'a coupé dans mon élan, c'est donc pour cela que je m'en vais découper un élan sans élan, bizarre. En tout cas, après ça, je me dis que je ferais mieux de passer mon temps à écrire des films plutôt que de regarder des bouses. L'organisation du temps, être le plus productif possible? Des conneries oui !

Publié dans Critique sur un film

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