Annecy 2013 - Histoire d'un aller et retour !
Le Festival International du film d'Animation d'Annecy est un incontournable que j'avais pourtant contourné jusqu'à aujourd'hui. Je propose de vous raconter ma visite furtive dans les quelques mots qui sont inscrits ci-dessous.
Jeudi 13 Juin 2013, le temps est maussade (rien à voir avec l'agence des renseignements israélienne), je me suis préparé un petit programme découverte du festival avec deux films en compétition et une sélection de courts-métrages tout aussi compétitive. Pas de bol Carole, ce jeudi est un jour de grève national des transports en communs et comme je dois effectuer un Paris-Annecy (réservé 1 mois à l'avance) dans la journée, ça s'annonce compliqué ! La sncf à le plaisir de m'envoyer un mail pour m'expliquer que mon train est annulé et qu'il faut, dans la mesure du possible, que je reporte mon voyage. Super ! Résultat je suis arrivé à Annecy le vendredi à 16h et pour des obligations impérativement personnelles je suis reparti le samedi matin à 8h (mais ça c'était prévu dès le départ).
Cette année le festival à eu la bonne idée(?) de ne pas imprimer le programme pour une histoire d'écologie, sympa ! Mais quand tu débarques au beau milieu d'un festival avec aucune idée de ce qui s'y passe et de comment ça se déroule et surtout que tu as à peine le temps de voir une séance c'est quand même vachement pas pratique du tout ! Heureusement, les Annéciens sont plus aimables que les Parisiens (Oui, je sais, c'est pas difficile, ça va hein! Merde!) et une aimable demoiselle m'a proposé de regarder ses s.. son programme (catalogue qui ne se trouve pas, ou alors il faut l'acheter? Pas compris), parce-que elle, elle est journaliste (je veux dire une vraie, organisée et tout, pas un bloggeur en carton !). Je pioche une séance de courts-métrages probablement pas très représentative car hors-compétition, la n°2.

La file d'attente pour prendre des places est longue et un proche compatriote d'attente à sans doute oublier de se laver les pieds depuis quelques mois, c'est juste une infection et je prie le dieu du cinéma pour qu'il ne soit pas dans la même séance que moi et surtout pas à côté, mon voeux est exaucé, il y a donc bien un dieu du cinéma, ça c'est déjà une belle découverte !
J'arrive enfin dans une salle pour voir des machins, ouf ! Visiblement il y a des petits rituels (comme souvent dans les festivals), ici, l'idée est de prendre un programme (enfin un papier avec des machins écrits dessus parce-que le programme n'éxiste pas) d'en faire un avion et de le jeter sur l'écran... Ouais, trop marrant ! Ce n'est pas très raccord avec le "message écologique" de ne pas imprimer le programme mais bon, qu'importe ! Ah oui, et il faut faire des bruits d'animaux avant la séance, entre les films et après, le poisson semble privilégié, allez savoir pourquoi, je n'ai pas eu le temps de mener cette enquête cruciale. C'est en tout cas une très bonne séance de courts-métrages qui se déroule, les sujets sont variés mais globalement bien plombants (la mort, l'éxil, la mort, la pauvreté et la mort, chouette !). En tout cas, ça nous offre une belle palette des différentes techniques d'animation (peinture, 3d, pâte à modeler et même "simplement" de l'eau sur un mur image par image).

3 courts ont particulièrement attirés mon attention, Miniyamba de Luc Perez, c'est beau, vivant et chaleureux avec un dessin tout en mouvement assez incroyable le tout accompagné par une belle musique. Vous trouverez le trailer juste ci-dessous.
Butterflies d'Isabel Peppard, un court absolument glauque fait de pâte de modeler qui transpire le gras, l'univers est absolument sordide mais c'est très bien fait ! Découvrez donc le trailer sous ces fugaces et pertinents quelques mots.
Et le troisième c'est Premier Automne de Carlos De Carvalho & Aude Danset, un court morbide mais d'une poésie enfantine émouvante que vous pouvez regarder en intégralité juste après la fin de cette phrase !
Pour les petits curieux, vous pouvez cliquez ICI pour voir le détails de cette séance de Courts métrages hors compétition 02 directement sur le site du festival.
Conclusion:
Je pense qu'une seule séance hors compétition ce n'est pas assez pour juger d'un festival aussi important mais l'ambiance (spectateur) est agréable et joyeuse, tout se déroule correctement et dans le calme, les conditions de projections sont très bonnes (projéction probablement en DCP dans une belle salle d'un multiplexe local). Ça manque par contre cruellement d'une petite présentation de séance par quelqu'un du festival. Peut-être est-ce le cas sur les autres séances ? Sans doute car en même temps que ma séance (18h) il y avait sept autres projections ! Résultat, ça me donne bien envie d'y retourner pour en voir plus !
Mon premier est un film d'une humanité débordante et d'une justesse incroyable dans les dialogues. Le Passé d'Asghar Farhadi (A propos d'Elly, Une Séparation) est vraiment un beau film où les personnages dialogues et s'expliquent de manière sereine presque sans violence. Mettre en avant l'ouverture d'esprit, le dialogues avec les autres plutôt que le renfermement sur soi, les secrets et les non-dits, c'est vraiment agréable à regarder. Par contre je ne suis pas convaincu par le besoin de remettre le prix d'interprétation féminine à Bérénice Béjo pour son rôle ! Certes elle est bien, même très bien, elle est juste mais sans jamais pour autant être brillante. J'ai même l'impression qu'elle est mise en avant ces derniers temps sans que ce ne soit vraiment justifié, son prix l'interprétation pour The Artist est tout aussi étonnant. Moi je dis qu'il y a anguille sous roche, c'est un complot et tralala pouette pouette mais en même temps c'est tant mieux pour elle, c'est une bonne actrice et j'espère qu'elle brillera dans un prochain film pour mettre tout le monde d'accord. Sinon pour terminer sur Le Passé, je dirais que la "chute" de fin est prévisible et c'est un peu dommage mais ça ne gâche pas le reste (heureusement!). (Sélection officielle, compétition Cannes 2013)
Mon deuxième est (pour moi) un film prétentieux qui se fou de la gueule du monde. Only God Forgives de Nicolas Wending Refn est quand même une grosse blague. Sous prétexte de casser l'image de Ryan Gosling et de montrer au monde qu'il est un véritable artiste qui ne surf pas sur son succès (Mais alors pourquoi produire le remake inutile de Pusher?) Nicolas s'auto saborde et nous livrant un anti-Drive totalement poseur et terriblement ennuyant. Dédicacer son film au fou et fumant Alejandro Jodorowsky n'éxcuse pas toute les dérives cinématographiques. Sans avoir aborder scrupuleusement la filmographie de ce cher NWR, Only God Forgives restera pour vous totalement abscons, plutôt vide de sens et cruellement long ! Après, sachant tout ça, cet étrange film reste quand même visuellement assez dingue (un petit côté Suspira de Dario Argento?) et force est de constater que Nicolas Wending Refn n'est pas un imbécile et qu'à bien y regarder, sa filmo est cohérente au point que ce dernier métrage vient clore une sorte "de trilogie sur l'identité" commencée avec Le Guerrier Silencieux Aka Valhalla Rising et poursuivit avec Drive. Ici il réussit quelque chose d'étonnant, inverser le "méchant" et le "gentil" car finalement le personnage central d'Only God Forgives n'est pas Julian (Ryan Gosling) mais bel et bien Chang (Vithaya Pansringarm). Théoriser sur ce dernier métrage pour y trouver un intérêt c'est quand même un peu fort de café (comme disent les jeunes) mais je respect quand même ce côté "Je fais ce que je veux même si je suis attendu au tournant je m'en fou royalement". J'espère juste que ses chevilles vont se dégonfler pour ses prochains films. (Sélection officielle, compétition Cannes 2013)
Mon troisième pète lui aussi plus au que son cul. As I Lay Dying de James Franco que j'ai eu la chance de voir en avant-première au cinéma Reflet de Medicis à l'occasion de la reprise de La Quinzaine des Réalisateurs 2013 est une adaptation d'un roman réputé inadaptable à cause de ses multiples points vue. Qu'à cela ne tienne, James Franco, artiste hyperactif multi-facettes s'y jète les deux pieds en avant mais l'entreprise ne semble être qu'une démonstration de force pour prouver quoi ? Qu'il est aussi capable de faire ça ? Un film d'auteur intelligent ? Étonnant ! Malgré cette démarche cavalière qui semble évidente As I Lay Dying est tout de même très loin d'être foiré ! Les acteurs, qui sont tous très juste, prouve que James est un très bon directeur d'acteur. La photographie est superbe et certains passages sont vraiment touchants et émouvants. Parfois drôle, même absurde mais souvent triste et sale ce film étonne par sa mise en scène et ce choix casse gueule d'un split-screen quasi permanent justifié par cette fameuse multiplication des points de vue du roman. Résultat, un film éprouvant à regarder à cause de ce procédé et de son lourd sujet "Une famille de pauvre gens parcourant des kilomètres avec une vieille carriole sous la chaleur et le mépris des autres pour enterrer leurs défunte mère". Ajouter à celà des monologues face caméra déroutants et vous obtiendrez As I Lay Dying, un long-métrage malaisé mais exigeant et parfois brillant qui laisse transparaître le talent indéniable de James Franco. Surprenant !


