Paris Courts Devant - Coup de coeur, coup de gueule !

Publié le par UniqueMan

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Paris Courts Devant - Coup de coeur, coup de gueule !

 

Quand les courts métrages gonflés à bloque débarquent pour une opération séduction entre les jambes de la Tour Eiffel, cela donne Paris Courts Devant !

 

"Vouloir un film, en étant conscient de ces difficultés, est un acte fort." nous dit le site officiel ! A cela il faut quand même ajouter que la diffusion de ces mêmes films est aussi une bataille bien complexe! Alors merci à Courts Devant d'avancer avec les courts-métrages et de proposer aux public toutes ces oeuvres injustement reléguées au bas de l'échelle de la diffusion médiatique.

 

Ce soir c'était Coup de coeur, coup de gueule ! Une sélection de qualité de diverses propositions cinématographiques qui vont jusqu'au bout de leurs idées. Moteur, et action !

 

 


 

- Décollons les étiquettes

Tarik Seddak & Boris Dolivet (Eldiablo)

Pitch: Cinq amis se lancent dans un "jeu du post-it" aux relents racistes. L'ambiance se tend.

C'est dommage de commencer par ce court car c'est sans doute le plus classique et plat de la sélection. Tout est très bien fait. Mais c'est plus un "simple" spot contre le racisme bien fait qu'une véritable recherche de création. Efficace mais léger dans le fond et la forme.

 

- Mauvaise Graine

Bénédicte Pagnot

Pitch: Maxime n'est pas rentré chez ses parents. Après l'avoir trouvé zonant en ville, son père tente un rapprochement.

La réalisation est ici classique et sans fioriture et sert à 100% son propos. Un portrait amer d'une jeunesse en perdition? La finalité de court n'est pas spécialement hyper joyeuse. Personnellement, j'ai toujours un peu l'impression de voir un spot de prévention made in la télévision bien pensante.

 

- Pixels

Patrick Jean

Imaginez un film d'invasion de deux minutes trente cinq où les aliens seraient des créatures de pixel issuent de la planète 8-bits! Visuellement ce court est absolument hallucinant et les effets sont géniaux jusqu'au générique de fin. Attention, les space invaders rodent ! A voir absolument ! D'ailleurs, ça tombe bien, vous pouvez le voir juste dessous! (je vous recommande de jeter un oeil à Théo son précédent court directement sur son site)


- Danse Macabre

Pedro Pires

Sans doute le film le plus subversif, fascinant et forcément macabre de la sélection. Il est question ici d'une sorte de ballet post mortem interprété par un corps "vivant" ses derniers instants terrestres palpables. Un instant magique d'une beauté envoûtante tout est étant un soupçon sordide. La photo est tout simplement éblouissante de même que la mise en scène et la musique. Bouleversant !

 

- Omar

Sébastien Gabriel

Et paf et retombe dans le plus conventionnel mais néanmoins réussi. Il raconte l'histoire de deux adolescents amoureux l'un de l'autre qui vivent dans une cité. Pour vivre leur amour ils doivent se cacher. Le propos contre l'homophobie est claire et bien mis en scène. Réalisation, dialogues, scénario et mise en scène y sont ici irréprochables et d'une certaine qualité qu'il est agréable de voir. Personnellement, j'ai toujours un peu de mal avec ce genre de "spot" mais c'est très beaux et bien fait.

 

 - You're The Stranger Here

Tom Geens

Sans doute le plus fracassé de cette sélection tant le réalisateur semble avoir manger du David Lynch depuis sa naissance en mélangeant des bouts d'Eraserhead et de Twin Peaks dans un univers malsain ou un régime fasciste contrôle le monde et veut absolument éradiquer les gens ayant la "patte-folle". Étrange et torturé, un poétique court métrage pratiquant l'inceste et la baffe dans la gueule pour se divertir, le tout avec une belle image S-VHS. Réjouissant !

 

- Hubert, l'homme aux bonbons

Marie Paccou

Une histoire touchante d'un personnage hors du commun. Un homme qui cherchait l'amour? En tout cas, qui cherchait à faire plaisir aux autres à grand renfort de distributions de bonbon Magnificat ! Beau personnage. émouvant.

 

- Addition d'une addiction

Matthieu Mares-Savelli

Pitch: La responsable d'un groupe local d'alcooliques anonymes replonge dans de douloureux souvenirs aux cours d'une réunion hebdomadaire.

Dans un premier temps ce court semble nous resservir un énième film sur l'alcoolisme pour nous dire que et bien c'est mal. Mais vos préjugés seront abandonnés en chemin pour explorer une autre route. Narrativement inventif et moralement triste. Assurément un bon film ! Ci dessous en intégralité !

   

- Une Vie

Emmanuel Bellegarde

Un portrait émouvant d'un homme qui a vécu en marge de la société et en a subi les conséquences! Foutu monde conformiste.

 

- L'été

Lm Formentin

Pitch: Une plage de l'atlantique, à la fin de l'été: une femme, avec ses deux enfants s'installe non loin d'une homme seul et nu. Elle l'observe.

Techniquement très propre, l'image est très chouette, ce court fascine par son évasion et sa temporalité qui semble s'arrêter pour réaliser les "fantasmes" du personnage. Attention, la température monte. J'ai trouvé la fin un peu décevante, ça manque d'un petit brin de folie.

 

 

et.. kaboom! les lumières se rallument. Fichtre de grenouille gargouillante, j'en veux encore! Je suis globalement impressionné par la qualité des courts-métrages et je vais, si je le peux, m'incruster à la soirée de clôture! histoire d'en apprendre d'avantage, donc, à suivre...

 

DM 3

Publié dans Festivals

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M
<br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Salut, finalement, je n'ai pas le temps (ou l'idée) de faire un film-épilogue, juste un texte. Le texte a été publié un tout petit peu, et lu lors d'une projection, il accompagne comme il peut le<br /> film... je me suis dit que ça t'intéresserait aussi peut-être.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Caramel ou chocolat?<br /> <br /> Parfois dans la rue Hubert donnait des michoko, pour changer des magnificats.<br /> <br /> Il avait mis longtemps à parfaire son procédé, et la fixation finale sur les magnificats avait pris plusieurs années: il avait fallu un grand nombre de râteaux et de refus dégoûtés devant des<br /> fraises tagada morveuses pour que progressivement s'impose le choix d'un bonbon emballé, qui plus est dans du papier doré, et cerise sur le gâteau, siglé d'un nom latin. Les filles refusaient<br /> moins souvent les magnificats.<br /> Est-ce par provocation délibérée qu'Hubert, grand lecteur d'Hara Kiri, avait imaginé cette démarche des bonbons, à la fois généreuse et terriblement connotée?<br /> Et l'obstination à persévérer comme "chanteur amateur", lui qui, sourd de naissance, n'avait été appareillé qu'à neuf ans, ce mépris du ridicule, était-ce le signe d'une forme d'autisme ou d'un<br /> courage surhumain?<br /> Lors de nos rencontres pour préparer le film, j'avais demandé à Hubert un autoportrait.<br /> Il s'est suicidé la veille du 1er mai 2009. C'est son autoportrait malhabile qui l'a remplacé dans le documentaire.<br /> <br /> Animer veut dire "donner vie". Mais là, le film était une tentative de réanimation.<br /> <br /> <br /> <br />
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U
<br /> <br /> Merci pour ce retour !<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> <br /> Merci pour cette discussion intéressante. Vos avis sont précieux car vous savez avoir la dent dure.<br /> <br /> <br /> Bien sûr j'ai peur de saboter l'équilibre délicat du film si j'y amenais la misère avec ses gros sabots... et puis je vis sous le regard des amis d'Hubert qui m'en voudraient d'exploiter<br /> dramatiquement ou emphatiquement le sujet. En réalité j'aurais souhaité pouvoir mieux accompagner le film, et répondre oralement aux questions qu'il suscite, mais cela n'a pas encore été<br /> possible...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je vais continuer à réfléchir...<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Je suis la réalisatrice d'Hubert, l'homme aux bonbons. Je crois bien que votre critique est la première que le film aie reçu...<br /> <br /> <br /> Je pense que je vais faire une petite suite sur le web à ce court, car dans le film j'avais passé sous silence le fait qu'Hubert se soit suicidé par balle (après mes enregistrements sonores mais<br /> juste avant le début de la prod). J'ai horreur du pathos facile, et comme tout le village j'étais très affectée par cet acte, alors je suis restée fidèle à mon projet de départ... mais maintenant<br /> je me rends compte que pour beaucoup de spectateurs la vraie détresse d'hubert (jamais venue...) passe à la trappe derrière le côté sympathique. Moi je sens cette détresse en filigrane derrière<br /> tout le film. J'espère que vous aurez l'occasion de revoir le film...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Et puis, bon, je ne devrais pas vous remercier de peur de vous corrompre par mes politesses, mais tant pis je vous remercie quand meme!<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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U
<br /> <br /> Alors pour commencer, je suis un peu gêné car, je n'ai jamais de retour sur les petites critiques que je poste sur mon blog. Et parfois, surtout dans un cas comme celui-ci (une sélection de<br /> plusieurs courts), je ne m'attarde pas beaucoup et je ne développe pas tellement ma "critique". Mais effectivement les quelques mots sur ce films reflètent ce qui ma le plus marqué.<br /> <br /> Mais en effet, il me semble que cette détresse du personnage ressort quand même vraiment. Car oui, j'ai gardé à l'esprit quelqu'un de joyeux et plutôt sympathique mais qui cache derrière tout ça<br /> un gros malaise, c'est évident! C'est donc ma "critique" qui est mal tournée car je n'arrive pas à écrire des choses "blessantes"! Ce qui me vient à l'esprit c'est aussi sa vie "désespérément<br /> pathétique" mais pour connaître aussi ce genre de personnage, je préfère y voir le côté sympathique et "simple". Car il y' a des gens comme ça, qui lutte toute leur vie pour essayer de s'intégrer<br /> et malgré toute leurs bonnes volontés reste toujours à l'écart. Je trouve cela tellement triste!, j'ai apprécié votre court-métrage justement parce-qu'il mettait l'accent sur le côté "joyeux et<br /> sympathique".<br /> <br /> Une petite vidéo "making-of" pourrait apporter plus de clarté sur la vie d'Hubert sur un éventuel dvd ou site internet. Mais quand la légende est plus jolie que la réalité (en l'occurrence votre<br /> court) faut-il raconter la vérité?<br /> <br /> Merci à vous pour votre retour! J'espère ne pas avoir été trop indélicat.<br /> <br /> <br /> <br />