Paris Cinéma 2013 - Who are you?
J'habite depuis 6 ans dans cette chère capitale, j'adore le cinéma, je vais souvent dans les festivals et pourtant la plus grosse manifestation parisienne autour du septième art (Paris Cinéma) reste encore pour moi un mystère, de quoi sa parle, pourquoi, comment, qui? Il y'a des films, beaucoup de films, dans beaucoup d'endroits différents mais je n'arrive toujours pas à trouver une cohérence à tout ça. Quel genre représente ce festival ? A en juger la sélection officielle c'est plutôt du film d'auteur, genre Cannes mais sans les têtes d'affiches (Haneke, Lars Von Trier, Almodovar etc...) ce qui n'est d'ailleurs pas un mal, cela permet de découvrir des choses nouvelles. Mais tout autour de ça, j'ai l'impression que c'est un peu la foire à la saucisse. Plus de 300 films projetés (???) Wahoo ! Y'a t-il vraiment un public pour ça? Cette année la Belgique était à l'honneur avec pas moins de 54 films projetés sans compter les courts-métrages... Y'avait-il vraiment des gens au Centre Wallonie-Buxelles Samedi 6 Juillet à 19h pour voir en projection blu-ray Les Lèvres Rouges de Harry Kümel ? Parce-que déjà, visiblement les Parisiens s'en foutent royalement de ce festival (je n'en comprends toujours pas la raison), ceux qui sont des cinéphiles en manquent de découverte vont donc tomber sur le programme et peut-être même voir quelques films mais qui va aller dénicher cette obscure séance ? J'ai rien contre ce film qui est peut-être un chef d'oeuvre, c'est juste un exemple parmi tant d'autres. 300 films en 10 jours, je me demande si c'est vraiment raisonnable.
Je dis ça parce-que suis allé voir un film (Prince Avalanche de David Gordon Green) qui n'est certes sûrement pas le film le plus attendu du monde mais il y avait seulement 40 ou 50 personnes dans une salle plutôt conséquente du Mk2 Bibliothèque à 21h le samedi 29 Juin. Moi je trouve ça super, parce-qu'en temps que cinéphile, je peux voir des bons films en avant-première sans réserver ni subir les supplices des files d'attentes interminables. Mais comment ce festival arrive à vivre avec autant de séance de partout dans Paris sans avoir trouver quelque chose de plus attractif qu'un pays à l'honneur ?
Bref, c'est un peu un coup de gueule, je suis désolé si quelqu'un du festival tombe sur cet "article" mais je suis dépité par autant de moyens mis en oeuvres pour une résultat aussi chaotique, imbitable et pas très attractif. Vendez-nous du rêve bordel ! Pourquoi s'acharner à faire le plus possible d'avants-premières pour des films qui sortent... la semaine suivante? Pourquoi faire des séances d'ouvertures et clôtures quasiment privées? Pour faire prestigieux ? Mais personne est au courant ! Personne ne regarde les quelques photos VIP qui en résulte, ce n'est pas diffusé à la télé, rien ! Pourquoi faire ça ? Juste pour se faire mousser entre gens du cinéma qui restent avec les gens du cinéma alors que le principe même d'un tel festival devrait être la découverte et la rencontre avec le public ? D'un côté le festival semble prendre des risques en projetant des films rares, de l'autre, c'est le matraquage à paillette pour faire prestigieux, pour faire genre Cannes... Mais on s'en fou de Cannes, on s'en tape des paillettes et des starlettes, votre sélection officielle est vraiment intéressante, c'est ça qu'il faut défendre, c'est ça qu'il faut mettre en avant par dessus tout. Je suis visiblement tombé sur le seul film sans présentation/débat (avec l'équipe), c'est peut-être pour ça que je suis frustré mais j'ai l'impression que la "direction artistique" du festival est assez bancale. Pourquoi rattraper les balles de Cannes ? Une avant première de La Vie d'Adèle, ok, c'est super, merci, mais pourquoi? Quelle est sa place dans le festival ? Est-ce que ce film est programmé juste pour surfer sur l'actualité du cinéma et pour faire des entrés ?
Re-bref, je crois que la chaleur lourde et poisseuse de Paris me tape sur le système. J'espère être complètement dans le faux, je ne demande qu'a croire à ce festival mais pour la troisième année que j'y traîne un peu mes pieds, je suis toujours autant déconcerté.
En tout cas, Prince Avalanche de David Gordon Green est un superbe film, bien barré, très bien écrit et interprété avec brio. La photo est très agréable, c'est plutôt catalogué "film indé américain" mais c'est vraiment plaisant à voir. Le film devrait sortir le 20 novembre prochain, n'hésitez pas ! Puis bon La Vie D'Adèle, c'était blindé, j'ai pas eu ma place... Donc en bon Parisien, je suis pas content et donc je râle. Ah ah !
Le mot de la fin sera: Chisme !



Mon premier est un film d'une humanité débordante et d'une justesse incroyable dans les dialogues. Le Passé d'Asghar Farhadi (A propos d'Elly, Une Séparation) est vraiment un beau film où les personnages dialogues et s'expliquent de manière sereine presque sans violence. Mettre en avant l'ouverture d'esprit, le dialogues avec les autres plutôt que le renfermement sur soi, les secrets et les non-dits, c'est vraiment agréable à regarder. Par contre je ne suis pas convaincu par le besoin de remettre le prix d'interprétation féminine à Bérénice Béjo pour son rôle ! Certes elle est bien, même très bien, elle est juste mais sans jamais pour autant être brillante. J'ai même l'impression qu'elle est mise en avant ces derniers temps sans que ce ne soit vraiment justifié, son prix l'interprétation pour The Artist est tout aussi étonnant. Moi je dis qu'il y a anguille sous roche, c'est un complot et tralala pouette pouette mais en même temps c'est tant mieux pour elle, c'est une bonne actrice et j'espère qu'elle brillera dans un prochain film pour mettre tout le monde d'accord. Sinon pour terminer sur Le Passé, je dirais que la "chute" de fin est prévisible et c'est un peu dommage mais ça ne gâche pas le reste (heureusement!). (Sélection officielle, compétition Cannes 2013)
Mon deuxième est (pour moi) un film prétentieux qui se fou de la gueule du monde. Only God Forgives de Nicolas Wending Refn est quand même une grosse blague. Sous prétexte de casser l'image de Ryan Gosling et de montrer au monde qu'il est un véritable artiste qui ne surf pas sur son succès (Mais alors pourquoi produire le remake inutile de Pusher?) Nicolas s'auto saborde et nous livrant un anti-Drive totalement poseur et terriblement ennuyant. Dédicacer son film au fou et fumant Alejandro Jodorowsky n'éxcuse pas toute les dérives cinématographiques. Sans avoir aborder scrupuleusement la filmographie de ce cher NWR, Only God Forgives restera pour vous totalement abscons, plutôt vide de sens et cruellement long ! Après, sachant tout ça, cet étrange film reste quand même visuellement assez dingue (un petit côté Suspira de Dario Argento?) et force est de constater que Nicolas Wending Refn n'est pas un imbécile et qu'à bien y regarder, sa filmo est cohérente au point que ce dernier métrage vient clore une sorte "de trilogie sur l'identité" commencée avec Le Guerrier Silencieux Aka Valhalla Rising et poursuivit avec Drive. Ici il réussit quelque chose d'étonnant, inverser le "méchant" et le "gentil" car finalement le personnage central d'Only God Forgives n'est pas Julian (Ryan Gosling) mais bel et bien Chang (Vithaya Pansringarm). Théoriser sur ce dernier métrage pour y trouver un intérêt c'est quand même un peu fort de café (comme disent les jeunes) mais je respect quand même ce côté "Je fais ce que je veux même si je suis attendu au tournant je m'en fou royalement". J'espère juste que ses chevilles vont se dégonfler pour ses prochains films. (Sélection officielle, compétition Cannes 2013)
Mon troisième pète lui aussi plus au que son cul. As I Lay Dying de James Franco que j'ai eu la chance de voir en avant-première au cinéma Reflet de Medicis à l'occasion de la reprise de La Quinzaine des Réalisateurs 2013 est une adaptation d'un roman réputé inadaptable à cause de ses multiples points vue. Qu'à cela ne tienne, James Franco, artiste hyperactif multi-facettes s'y jète les deux pieds en avant mais l'entreprise ne semble être qu'une démonstration de force pour prouver quoi ? Qu'il est aussi capable de faire ça ? Un film d'auteur intelligent ? Étonnant ! Malgré cette démarche cavalière qui semble évidente As I Lay Dying est tout de même très loin d'être foiré ! Les acteurs, qui sont tous très juste, prouve que James est un très bon directeur d'acteur. La photographie est superbe et certains passages sont vraiment touchants et émouvants. Parfois drôle, même absurde mais souvent triste et sale ce film étonne par sa mise en scène et ce choix casse gueule d'un split-screen quasi permanent justifié par cette fameuse multiplication des points de vue du roman. Résultat, un film éprouvant à regarder à cause de ce procédé et de son lourd sujet "Une famille de pauvre gens parcourant des kilomètres avec une vieille carriole sous la chaleur et le mépris des autres pour enterrer leurs défunte mère". Ajouter à celà des monologues face caméra déroutants et vous obtiendrez As I Lay Dying, un long-métrage malaisé mais exigeant et parfois brillant qui laisse transparaître le talent indéniable de James Franco. Surprenant !

Bah moi je n'ai jamais décidé de faire une journée sur un acteur ! Qui parle d'ailleurs ? Hein ? J'entends rien, parlez plus fort ! Who ?
Ça commence avec du lourd : Dead Shadows de David Cholewa, un film français d'horreur-science-fiction toujours inédit produit en 2012. Son faible budget le classe très vite dans la catégorie "film un peu cheap" mais sans être du Z pour autant. Les effets visuels sont très sympas (quelques monstres très inspirés par The Thing de tonton Carpenter) et son scénario de survival de fin du monde assez entraînant qui raconte ni plus ni moins qu'une invasion extraterrestre après le passage d'une comète. Bref, si vous avez tendance à regarder des petits DTV américains (horreur, fantastique...) c'est dans la même veine. D'ailleurs c'est assez troublant parce-que rien à part le fait que les acteurs parlent français ne le différencie des productions anglaise ou américaine. Il faut bien avouer aussi que c'est très rare de voir des films français qui racontent une invasion extraterrestre avec une ambiance sous influence Body Snatchers d'Abel Ferrara. Le saviez-vous ? Un journaliste (Rurik Sallé) de Mad Movies s'est glissé dans ce film, Incroyable mais vrai ! En tout cas, même si ce n'est pas un grand film, la passion du genre se ressent et c'est agréable à regarder. En espérant voir au moins un deuxième film de David Cholewa, le John Carpenter français ? Je l'espère de tout coeur !
Transition presque évidente avec le deuxième film de la journée, 4h44 : Dernier jour sur terre d'Abel Ferrara. Pourquoi évidente ? Parce-que je vous parlais de Body Snatchers il y a quelques secondes, vous suivez rien ou quoi ? Le film suit deux personnages, Cisco (Willem Daffoe) et Skye (Shanyn Leigh) qui passent leurs dernières heures ensemble car devinez quoi, c'est la fin du monde ! C'est fataliste, morose et très mélancolique. C'est d'ailleurs assez proche du film de Lars Von Trier, Melancholia qui racontait exactement la même chose (à quelques détails près). Autant donc vous dire que c'est exactement l'opposé d'un film avec Bruce Willis, ici personne ne sauve le monde et même personne n'essaye. C'est comme ça et puis c'est tout. Donc fin du film et puis voilà.
Inversement quand certains discutent et font des dessins en attendant la fin du monde (4h44), d'autres décident d'affronter l'apocalypse, c'est le cas du groupe de survivants dans Kill Dead Zombie de Erwin van den Eshof et Martijn Smits. Film Néerlandais en DTV depuis le 17 avril 2013. Par contre on repassera pour l'originalité. Ça ressemble beaucoup à Zombieland de Ruben Fleischer mais en vachement moins bien et moins drôle. Ça ressemble aussi un peu aux jeux-vidéos actuels sur les zombies (Dead Rising par exemple). Donc rien, mais rien de neuf, ça tabasse du zombie et puis le scénario est pratiquement absent. Le prétexte à tout ça, un satélite russe se crash et répend un virus mortel transformant les gens en zombie. Mouais !
Inversement toujours, parfois l'apocalypse peut prendre des formes moins bis et démonstrative, c'était déjà le cas avec ce 4h44 d'Abel Ferrara mais ici on garde quand même un groupe de "survivants" qui essayent de s'en sortir. Par contre on est toujours dans le DTV (13 mai 2013). Dans The End de Jorge Torregrossa c'est donc toujours la fin du monde, bah oui, c'est le thème de la journée n'ayez pas l'air surpris ! Ça raconte l'histoire d'une bande de potes qui se retrouvent après une dizaine d'années de séparation pour passer un week-end dans une maison en montagne. Le début du film pourrait presque faire penser aux Petits Mouchoirs de Guillaume Canet mais bien sûr tout va très vite basculer quand ils vont disparaître un par un ! C'est là toute la force et la bonne idée de ce film ! En guise de fin de monde, c'est "simplement" les gens qui disparaissent mais sans effets, rien, juste comme s'ils étaient partis, sans prévenir, sans laisser de trace. The End ne dévoilera d'ailleurs jamais vraiment son mystère dans un final d'une rare poésie ! Ce film n'est malheureusement pas maîtrisé de bout en bout mais il vaut vraiment le détour pour son originalité, son audace et sa poésie naïve agréable.