Festival de Cannes à Paname - Interruption
Je fais la grève, j’arrête de raconter des conneries, j'arrête de montrer mes faiblesses, j'arrête de me torturer l’esprit, j'emmerde ceux qui me barrent la route, ceux qui me prennent pour un con. Se dévoiler ne sert à rien sauf à être encore plus faible et à en prendre plein la gueule. J'en prend trop plein la gueule parce-que je suis trop gentil, parce-que je n'agis pas, parce-que je veux pas créer des situations gênantes pour les autres... Mais pourquoi ce serait à moi de faire ces efforts ? Pourquoi je devrais être le seul à toujours être sympa, à toujours trouver un arrangement, un compromis ? Tout le monde en à rien à foutre des autres, tout le monde s'auto-suce le nombril c'est ahurissant ! Mais alors quoi ? Je devrais faire comme tout le monde ? Vivre avec mon temps, avec cette "nouvelle" génération qui ne pense qu'a son petit bonheur même si ça fait souffrir les autres ? Faut-il forcément être un gros conard pour survivre dans ce monde de requin où tout est toujours rapport de force entre les gens ? Je suis allé trop loin avec ce festival fictif, je m'embourbe entre cinéma et réalité, je m'implique trop personnellement, je me livre trop... J'ai pris ça comme un jeu, un délire artistique entre journal intime et critique de film mais je n'assume plus, je m'observe trop de l'intérieur, ce n'est pas très agréable, trop de bêtises, trop d'inventions. A trop vouloir creuser dans l'absurde et le décalage je me suis retrouvé devant mes plus grandes défaillances. Si je dois en retenir une chose c'est qu'il ne faut pas plonger trop longtemps dans une "création" au risque de s'y noyer. Si vous lisez ces lignes, vous ne comprenez peut-être pas vraiment de quoi je parle et je pense que c'est normal car moi-même je m'y perds, la frontière entre réalité et fiction est tellement mince... Quel est ce personnage qui raconte sa vie sur ce blog ? Lui même n'est-il pas en train d'inventer une autre personnage, plus sensible ou plus fort pour se donner de l'importance, pour faire croire qu'il est intéressant ? Qui est sur le point de craquer ? Moi ? Mais qui suis-je ? Qui suis-je pour m'étaler sur internet ? Ce qu'il y a de certain c'est que celui derrière tout ça le fait pour lui, uniquement. Comble de l'hypocrisie quand celui-ci dénonce un monde dangereusement individualiste. Suis-je incroyablement égocentrique d'avoir fait un blog sur ma petite personne et d'avoir écrit plus de 800 articles ou particulièrement généreux car je le partage avec le reste du monde ? La réalité est qu'il n'y a aucune manigance d'aucune sorte derrière tout ceci. Pardonnez moi, je ne sais pas ce que je fais ! Vraiment... Aucune espèce de début d'idée. J'ai simplement un besoin pratiquement irrationnel de le faire. De faire, des petites choses, des petites tentatives, des petites explorations, des petites aventures, des petites ou des grandes ! Quoi qu'il en soit, j’exécute ce supposé festival sur le champ, la plaisanterie n'aura que trop durée. Oui j'ai vu d'autres films en rapport avec le festival de Cannes, La Chambre Bleue de Mathieu Amalric, Deux jours, une nuit des frères Dardennes puis bah c'est tout en fait. J'ai loupé le Tommy Lee Jones et le film Mange tes morts de Jean Charles Hues que je devais voir il y a deux jours mais la vie est ainsi faite, tout n'est pas toujours possible. Il faut toujours faire un choix. Et ça, c'est le malheur de toute ma vie.
Merci.


Être cinéphile est un sport de combat, un acharnement de tous les instants, la course à l’échalote et quoi qu'il arrive, toujours une aiguille dans un tas de foin. D'ailleurs je ne suis pas très sûr d'être cinéphile, je suis surtout cinéphage, cinévore... J'ai besoin de manger des films sinon je disparais en fumée. Comme beaucoup, j'ai des attentes, je suis des réalisateurs, et forcément, l'attente crée la déception, ce qui est le cas avec les derniers films de Cronenberg ! Du nouveau film de Fabrice du Welz (Calvaire, Vinyan) j'en attendais aussi beaucoup mais pour une fois, je suis arrivé à faire abstraction de ces attentes et j'ai vécu ce long-métrage comme un nouveau né devant sa première pellicule. Oui, pellicule, vous avez bien entendu, même du 16mm, il y a toujours des irréductibles et ça fait bien plaisir. Quoi, quoi ? Rien, chacun à son avis sur la pellicule, c'est pas le moment de faire un débat, calmez-vous ! Alléluia c'est comme ça que se prénomme le troisième ouvrage filmique de ce cher Fabrice. Ça raconte l'histoire d'un monsieur pas très beaucoup gentil qui séduit des madames plutôt crédules pour pouvoir les arnaquer et se barrer avec leurs argents jusqu'au jour où... Bah oui, sinon c'est chiant... Une femme tombe vraiment amoureuse de lui au point de l'adouber et de le laisser continuer son petit manège d'arnaqueur mais elle va très vite devenir envahissante et très possessive. Et bim badabam, tout part en vrille et ça se découpe les pieds à la scie. C'est pas cool ça quand même ? Ça vous donne pas envie ? Franchement c'est vachement bien, faut pas trop s'attarder sur les facilités du scénario, ni sur la "branchitude" un poil forcée. Laurent Lucas est hallucinant et Lola Dueñas brille par son naturel effrayant ! C'est drôle, c'est fun, c'est flippant, c'est beau, c'est bien moins prétentieux que Vinyan, c'est moins glauque que Calvaire, c'est pas très subtile et c'est bien dommage mais c'est un film bien réjouissant quand même. Allez, je le dis, c'est un bon film./http%3A%2F%2Fcineuropa.org%2FimgCache%2F2014%2F05%2F23%2F1400862130015_0570x0371_1400862138367.jpg)
Tourner en rond, recommencer éternellement la même soupe ? Forcément dans les quelques 800 articles de ce blog j'ai dû dire plusieurs fois la même chose, avec des mots peut-être différents ou probablement les mêmes car j'ai la mémoire courte et j'ai une fâcheuse tendance à ne pas me relire. Ah c'est pour ça les fautes ? Oui mais pas que, je suis une bille, je fais un effort mais je reste une bille, je roule sur moi-même et je m’empêtre dans mes digressions répétitives d'une inutilités apparente. C'est ça, c'est l'apparence qui vous choque, ce n'est pas comme d'habitude, qu'est ce qu'il raconte avec son blog, c'est imbitable nom d'une pipe ! Vous avez raison, je ne suis qu'une parenthèse confuse mais cette énigme nébuleuse c'est moi, comment être autrement ? Le faut-il ? Devrais-je écrire des articles sur le cinéma sans vous affubler de mes excursions exclusives ? Être propre sur moi ? Ne plus poser des questions, ne plus chercher à comprendre ? Bouffer du blockbuster et vous pondre des analyses "télé 7 jours" ? Abandonner le futile pour aller à l'essentiel, aller de l'avant, me servir de "mes relations" pour faire un gros film produit avec un scénario qui tient sur une feuille de papier-cul ? Enfin je dis ça mais même ça, c'est n'est pas magique mais je ne peux pas, ce n'est pas moi. Devenir quelqu'un d'autre ? Se renier ? Je ne vais pas passer mon temps à lutter contre moi, si ? C'est ça ? C'est ça qu'il faut faire dans la vie ? Je demande bien à qui je parle d'ailleurs, avec toute ces questions dans le vent, ces questions qui s'évanouissent dans les limbes de la toile numérique sans jamais connaître la réponse. Mais la réponse à cette question je crois la connaître, ces questions, elles sont pour moi. Putain d'époque individualiste mais peut-on parler réellement d'autre chose que soi-même ? J'arrive déjà à peine à me cerner, à comprendre mon fonctionnement, comment parler des autres, du boulot des autres autrement qu'a travers mon ressenti ? Attention, c'est là où la pirouette arrive.

